OFCE : les prévisions de printemps 2026 dessinent le cadre économique de la présidentielle 2027
L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publie le 11 mai 2026 ses « Perspectives économiques 2026-2027 ». La note de conjoncture de printemps projette une croissance modérée, un chômage stable et un pouvoir d'achat en légère hausse. Ce cadre macroéconomique structurera le contexte de la campagne présidentielle 2027.
Sources : OFCE (ofce.sciences-po.fr), INSEE comptes nationaux, Direction générale du Trésor.
Une croissance modérée en 2026, légère accélération en 2027
L'OFCE prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) de +1,2 % en 2026 et de +1,5 % en 2027, après +1,0 % en 2025. Cette trajectoire place la France dans la moyenne basse de la zone euro, sans retour à la croissance vigoureuse d'avant 2020. Le principal soutien à l'activité provient de la consommation des ménages (+1,3 % attendu en 2026), portée par le léger recul de l'inflation et la progression des salaires réels. L'investissement des entreprises reste prudent (+0,8 %), dans un contexte de taux d'intérêt encore élevés malgré les baisses progressives de la BCE depuis fin 2024.
Les exportations françaises progressent faiblement (+2,1 %), pénalisées par la concurrence asiatique dans le secteur industriel et la modération de la demande allemande. Le déficit commercial demeure structurellement négatif, à -70 milliards d'euros en 2025.
Chômage stable, marché du travail peu dynamique
Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) est estimé à 7,1 % en 2026, stable par rapport au premier trimestre 2026 (déjà à 7,1 %). L'OFCE prévoit une légère détente vers 6,9 % en 2027, conditionnée à la tenue de la croissance prévue. Les créations nettes d'emplois dans le secteur marchand restent positives mais limitées (+100 000 postes environ sur 2026), très en retrait par rapport aux années 2021-2022. Le sous-emploi et le temps partiel subi demeurent des indicateurs dégradés, en particulier pour les jeunes et les travailleurs peu qualifiés.
Inflation et pouvoir d'achat : une normalisation progressive
L'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation est attendue à 2,0 % en glissement annuel en 2026 et 1,8 % en 2027, contre 2,2 % au premier trimestre 2026. Cette décélération est portée par le reflux des prix de l'énergie et la modération des prix alimentaires. Elle se traduit par une amélioration du pouvoir d'achat réel des ménages, estimée à +1,1 % en 2026 — après deux années de repli ou stagnation entre 2022 et 2024. Toutefois, l'OFCE souligne que la hausse des tarifs réglementés de l'électricité et du gaz prévue au 1er juillet 2026 (+4,2 % et +6,1 % respectivement, selon la CRE) viendra amputer partiellement ces gains.
Un déficit public encore élevé à l'approche de l'élection
Le déficit des administrations publiques est estimé à 5,1 % du PIB en 2026, en légère amélioration par rapport à 2025 (5,4 %), mais encore nettement au-dessus du plafond européen de 3 %. Le gouvernement vise un retour sous ce seuil pour 2029 dans son programme de stabilité transmis à Bruxelles en avril 2026. L'OFCE souligne que cet objectif suppose une maîtrise rigoureuse des dépenses publiques, notamment sur les transferts sociaux et la masse salariale de l'État, dans un contexte où la croissance reste en dessous du niveau qui permettrait une consolidation spontanée. La trajectoire budgétaire sera l'une des contraintes majeures pour le prochain exécutif issu de 2027.
Pourquoi ces prévisions comptent pour 2027
Le cadrage macroéconomique de l'OFCE délimite le contexte dans lequel s'inscrira la campagne présidentielle de 2027. Les thèmes du pouvoir d'achat, du chômage et de la dette publique figurent régulièrement en tête des préoccupations des électeurs. La trajectoire prévue — croissance modérée, chômage encore élevé, déficit persistant — encadre la marge de manœuvre dont disposera tout futur programme électoral. La question du financement de nouvelles dépenses (santé, logement, éducation, défense, transition énergétique) se posera dans un contexte de dette publique proche de 113 % du PIB.
Cet article enregistre la publication d'un document de prévision économique. Il ne préjuge pas du résultat de l'élection présidentielle 2027 et ne favorise aucune orientation politique.
