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Chômage au premier trimestre 2026 : l'INSEE enregistre 7,1 %, stable sur un an

L'INSEE publie ce 25 avril les chiffres du chômage au premier trimestre 2026. Le taux de chômage au sens du BIT s'établit à 7,1 % de la population active, stable par rapport au premier trimestre 2025 (7,0 %). Le chômage des jeunes recule légèrement à 17,8 %, tandis que les créations d'emplois privés ralentissent nettement sur la période.

Un taux globalement stable, des disparités territoriales persistantes

Le taux de chômage BIT de 7,1 % au T1 2026 s'inscrit dans une tendance de stabilisation amorcée depuis mi-2024, après une baisse continue entre 2020 et 2023. En données corrigées des variations saisonnières (CVS), le taux est stable par rapport au trimestre précédent (T4 2025 : 7,0 %).

Les disparités régionales demeurent marquées. Les Hauts-de-France (9,3 %) et la région PACA (8,1 %) affichent les taux les plus élevés, tandis que la Bretagne (5,4 %) et les Pays de la Loire (5,9 %) restent les moins touchées. L'Île-de-France se situe à 7,0 %, proche de la moyenne nationale. Ces écarts territoriaux recoupent en partie les zones identifiées par le rapport du Défenseur des droits comme les plus fragilisées en termes d'accès aux services publics.

Taux de chômage BIT — T1 2026 (France métropolitaine)
Ensemble de la population active7,1 %+0,1 pt sur un an
Jeunes (15-24 ans)17,8 %−0,4 pt sur un an
Seniors (50 ans et plus)5,2 %stable
Chômage de longue durée (+ d'1 an)2,8 %stable
Halo du chômage1 850 000+40 000 sur un an

Ralentissement des créations d'emplois privés

L'emploi salarié privé a progressé de 32 000 postes nets au T1 2026, contre 61 000 au T4 2025 et 58 000 au T1 2025. Ce ralentissement concerne principalement l'industrie (+3 000 contre +12 000 un an plus tôt) et la construction (−8 000, dans un contexte de recul de la mise en chantier de logements). Le secteur tertiaire marchand reste le principal pourvoyeur d'emplois (+38 000), porté par l'hébergement-restauration et le commerce.

L'emploi public, en revanche, se contracte de 4 000 postes, en lien avec les suppressions de postes dans l'Éducation nationale contestées lors de la grève nationale du 31 mars 2026.

Tensions persistantes dans plusieurs secteurs

Malgré la stabilité du taux global, l'INSEE et la Dares identifient des tensions persistantes sur le marché du travail dans plusieurs branches :

Un indicateur central pour les candidats à la présidentielle 2027

Le chômage figure parmi les premières préoccupations des Français à un an du scrutin présidentiel. Selon l'enquête Cevipof publiée en avril 2026, 68 % des personnes interrogées citent l'emploi comme un critère de vote important, derrière la santé (76 %) mais devant le pouvoir d'achat et le logement.

La trajectoire budgétaire présentée dans le programme de stabilité 2026-2030 intègre une hypothèse de taux de chômage à 6,8 % en 2027, fondée sur un scénario de croissance de 1,1 % du PIB. Les données du T1 2026 s'inscrivent pour l'instant dans cette trajectoire, bien que le ralentissement des créations d'emplois privés introduise une incertitude sur le second semestre.

La soutenabilité des régimes sociaux dépend en partie de l'évolution du marché du travail : le rapport de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale avait souligné que chaque point de chômage supplémentaire représente environ 1,5 milliard d'euros de cotisations en moins pour l'Unédic et les caisses sociales.