L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié ce 26 mai 2026 son édition de printemps des Perspectives économiques (Economic Outlook n°119). Le document constitue la référence internationale de prévision macroéconomique à court terme et inclut des projections détaillées pour chacun des 38 pays membres, dont la France. Pour la période 2026-2027, l'OCDE dessine un environnement économique mondial de reprise modérée, avec une croissance mondiale projetée à +3,2 %, portée par les États-Unis (+2,4 %), l'Inde (+6,8 %) et la zone euro (+1,5 %). La France se situe en deçà de la moyenne européenne sur l'ensemble des indicateurs clés.
Chiffres clés OCDE pour la France (mai 2026) : croissance du PIB +1,1 % en 2026 et +1,4 % en 2027 , déficit public à 5,3 % du PIB en 2026 et 4,7 % en 2027 , dette publique à 113,4 % du PIB en 2026 , chômage à 7,2 % en 2026 , inflation IPCH à +1,9 % en 2026 , consommation des ménages +0,9 % , investissement des entreprises +1,2 % , exportations +2,1 %.
L'OCDE projette une croissance du PIB français de +1,1 % en 2026, contre +1,5 % pour la zone euro dans son ensemble. Cette sous-performance relative s'explique, selon le rapport, par trois facteurs : la persistance d'un déficit de compétitivité dans certains secteurs industriels, la faiblesse de l'investissement public dans un contexte de consolidation budgétaire, et la modération de la demande intérieure liée à la normalisation des taux d'intérêt. Pour 2027, le rebond est projeté à +1,4 %, porté par une légère amélioration du commerce extérieur et la stabilisation de l'investissement privé.
La consommation des ménages progresse de +0,9 % en 2026, soutenue par la hausse du pouvoir d'achat (+0,6 % en termes réels selon les projections) et le maintien du taux d'épargne à un niveau élevé (17,2 % du revenu disponible). L'investissement des entreprises enregistre une reprise limitée à +1,2 %, après deux années de stagnation. Les exportations françaises progressent de +2,1 %, tirées par l'aéronautique, le luxe et l'agro-alimentaire, mais le solde commercial demeure négatif à -1,8 % du PIB.
Le déficit des administrations publiques est projeté à 5,3 % du PIB en 2026 par l'OCDE, légèrement inférieur à l'estimation de la Commission européenne (5,1 % dans le rapport pays publié le 14 mai), en raison d'hypothèses de croissance légèrement différentes. Ce niveau place la France parmi les États membres les plus déficitaires de l'Union européenne, avec la Roumanie (6,1 %) et l'Italie (5,8 %). La dette publique brute atteint 113,4 % du PIB en 2026 et devrait continuer de progresser à 114,8 % en 2027 en l'absence de réforme structurelle.
L'OCDE rappelle que la France est sous procédure de déficit excessif depuis juillet 2024 et qu'elle s'est engagée à ramener son déficit sous le seuil de 3 % du PIB d'ici 2029. Selon les projections du rapport, cet objectif suppose un effort d'ajustement structurel de l'ordre de 0,6 point de PIB par an sur la période 2026-2029, soit environ 16 milliards d'euros d'effort annuel. L'organisation souligne que le rythme actuel de consolidation (environ 0,3 point par an sur 2025-2026) est insuffisant pour atteindre la trajectoire convenue avec Bruxelles.
Le taux de chômage au sens du BIT est projeté à 7,2 % en 2026, en légère hausse par rapport au premier trimestre 2026 (7,1 %). L'OCDE anticipe un plateau autour de 7,1-7,3 % sur l'ensemble de la période 2026-2027, le marché du travail français bénéficiant d'une relative robustesse dans les services marchands mais subissant des ajustements dans l'industrie et la construction. Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans reste élevé à 17,6 % en moyenne annuelle.
L'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) est projetée à +1,9 % en 2026, en repli par rapport à 2025 (+2,3 %). Ce reflux est attribué à la normalisation des prix de l'énergie et à la désinflation des biens alimentaires. L'OCDE anticipe un rebond temporaire au troisième trimestre 2026, consécutif à la hausse des tarifs réglementés de l'énergie prévue au 1er juillet (+4,2 % sur l'électricité et +6,1 % sur le gaz, selon la recommandation de la CRE publiée en avril), avant un retour à +1,7 % en fin d'année.
Au-delà des projections macroéconomiques, le rapport formule des recommandations structurelles à l'attention des autorités françaises. Quatre axes sont identifiés comme prioritaires :
L'OCDE ne formule pas de recommandations à caractère politique ni ne prend position sur les orientations programmatiques des candidats à la présidentielle 2027. Le rapport délimite néanmoins le champ des contraintes macroéconomiques dans lequel s'inscrira le programme économique du prochain gouvernement : une marge de manoeuvre budgétaire étroite, un niveau de dette élevé et un déficit persistant constituent les paramètres objectifs de tout arbitrage fiscal ou social post-2027.
Sources : OCDE , Perspectives économiques n°119, mai 2026 , OCDE , tableau de bord économique France , OCDE , Perspectives économiques , page principale
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