Réuni ce mercredi 20 mai 2026, le Conseil des ministres a adopté en première lecture le projet de loi de programmation sur la transition énergétique (LPTE) 2026-2035. Ce texte, qui succède à la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) et à la loi énergie-climat de 2019, fixe les grandes orientations de la politique énergétique française pour la décennie à venir et sera transmis pour examen à l'Assemblée nationale, puis au Sénat, à partir de l'automne 2026.
Principaux objectifs LPTE 2026-2035 : 40 % d'électricité d'origine renouvelable en 2030 (contre 27 % en 2025), maintien du parc nucléaire à 58 GW jusqu'en 2035 avec lancement des études pour 6 nouveaux EPR2, réduction de 40 % de la consommation finale d'énergie en 2035 par rapport à 2012, 400 000 bornes de recharge pour véhicules électriques en 2030 (contre 120 000 en 2025), investissements publics estimés entre 50 et 70 milliards d'euros sur la période.
La loi de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui couvrait la période 2019-2028, est remplacée par cette nouvelle loi de programmation qui intègre les engagements européens issus du paquet législatif « Fit for 55 » et du règlement sur les énergies renouvelables (RED III), transposé en droit français au 1er janvier 2026. Le texte réaffirme l'objectif de neutralité carbone de la France à l'horizon 2050 et décline des étapes intermédiaires contraignantes pour chaque secteur économique.
Le ministre chargé de l'Énergie a présenté le texte en Conseil des ministres en soulignant son double objectif : accélérer la décarbonation de l'économie française et stabiliser les coûts de l'énergie pour les ménages et les entreprises. Les tarifs réglementés de vente d'électricité (TRV) ont augmenté de 4,2 % au 1er juillet 2026, selon la recommandation de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) publiée en avril 2026, et la maîtrise de la facture énergétique reste une préoccupation centrale des ménages à un an de l'élection présidentielle.
Le projet de loi réaffirme le maintien en service du parc nucléaire existant (58 GW de capacité installée) jusqu'en 2035 et confirme le lancement des études de conception des 6 nouveaux EPR2 annoncés par le gouvernement en 2022, dont le premier réacteur est attendu en service au plus tôt en 2037-2038. En parallèle, le texte prévoit :
Le bâtiment reste le principal levier d'efficacité énergétique. Le texte impose un objectif de rénovation thermique de 700 000 logements par an à partir de 2027 (contre 500 000 actuellement), avec un soutien renforcé par le dispositif MaPrimeRénov' et la création d'un nouveau prêt à taux zéro pour les rénovations complètes. L'interdiction de louer les passoires thermiques (étiquettes F et G au DPE) est confirmée pour le 1er janvier 2028.
Les 50 à 70 milliards d'euros d'investissements publics prévus sur 2026-2035 incluent les soutiens aux énergies renouvelables (via les compléments de rémunération gérés par la CRE), le financement du nouveau programme nucléaire (via EDF), et les aides à la rénovation thermique. Le projet de loi sera examiné par la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale à partir du 15 septembre 2026, en vue d'une adoption définitive avant fin 2026.
Ce texte constitue le cadre énergétique dans lequel s'inscrira le prochain gouvernement issu de l'élection présidentielle d'avril 2027. Il ne préjuge pas des choix que ferait tout futur gouvernement concernant l'application ou la révision de ces orientations.
Source : Conseil des ministres du 20 mai 2026 — communiqué officiel
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