À l'occasion de la Journée mondiale de la Terre, le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA) a publié ce 22 avril l'inventaire national des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour l'année 2025. La France a émis 371 millions de tonnes d'équivalent CO₂ (Mt CO₂eq), soit une baisse de 3,2 % par rapport à 2024. En données corrigées des variations climatiques, la baisse est de 2,8 %.
Le secteur des transports demeure la principale source d'émissions françaises, avec 29 % du total, soit 107 Mt CO₂eq. Malgré la progression du parc de véhicules électriques (11,4 % des immatriculations en 2025), les émissions du transport routier n'ont reculé que de 2,1 % sur un an, en raison de l'augmentation du trafic de poids lourds et du maintien d'un usage massif de la voiture individuelle dans les zones périurbaines et rurales.
Émissions totales France 2025 : 371 Mt CO₂eq (-3,2 % vs 2024)
Transport : 29 % (107 Mt) — Agriculture : 19 % (71 Mt) — Résidentiel/tertiaire : 17 % (63 Mt) — Industrie : 16 % (59 Mt)
Objectif européen 2030 : -55 % vs 1990. Rythme actuel : -2,5 %/an. Rythme nécessaire : -4,1 %/an. (CITEPA, avril 2026)
Si la tendance est à la baisse depuis 2005, le rythme actuel de réduction — de l'ordre de 2,5 % par an en moyenne — reste inférieur au rythme de 4,1 % annuel nécessaire pour atteindre l'objectif européen de -55 % des émissions d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. La France affiche aujourd'hui un niveau d'émissions de 371 Mt CO₂eq, contre 545 Mt en 1990, soit une réduction de 32 % — encore loin des 55 % exigés dans quatre ans.
La politique climatique s'annonce comme un axe structurant du débat présidentiel de 2027. Plusieurs décisions récentes soulignent les tensions entre les objectifs de réduction des émissions et les contraintes sociales et économiques. La suppression des zones à faibles émissions adoptée le 16 avril a notamment relancé le débat sur la compatibilité entre la mobilité durable et le pouvoir d'achat des ménages en zones périurbaines.
Du côté de la production d'énergie, la réforme des concessions hydroélectriques adoptée au Sénat le 14 avril est présentée comme un levier pour accroître la part des énergies renouvelables dans le mix électrique. En parallèle, les recommandations tarifaires de la CRE publiées le 21 avril illustrent les tensions persistantes entre la transition énergétique et son financement par les ménages.
Sources : CITEPA, Ministère de la Transition écologique
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