France Travail (ex-Pôle emploi) et la Dares (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail) ont publié ce lundi 18 mai 2026 les statistiques mensuelles du marché du travail pour le mois d'avril 2026. Ces données administratives, distinctes de l'enquête statistique Emploi de l'INSEE publiée en fin de trimestre, recensent l'ensemble des personnes inscrites à France Travail selon leur catégorie d'inscription.
Catégorie A (sans emploi, tenu de rechercher un emploi) fin avril 2026 : 2 856 000 personnes en France métropolitaine (−0,3 % vs mars 2026 ; −1,2 % sur un an). Toutes catégories confondues (A, B, C) : 5 240 000 (stable sur le mois, +0,2 % sur un an). DOM inclus : 2 952 000 en catégorie A.
Le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A , c'est-à-dire sans activité du tout et activement à la recherche d'un emploi , s'établit à 2 856 000 en France métropolitaine fin avril 2026, en baisse de 8 600 personnes par rapport à mars 2026 (−0,3 %). Sur un an, le recul est de −1,2 %, confirmant une orientation légèrement favorable mais fragile.
Ces chiffres sont à distinguer du taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), publié par l'INSEE sur la base d'une enquête auprès des ménages. L'enquête BIT, dont les résultats pour le premier trimestre 2026 ont été publiés en avril, établissait un taux de chômage à 7,1 % de la population active. Les données administratives de France Travail et le taux BIT mesurent des réalités proches mais différentes : un demandeur d'emploi de catégorie A n'est pas nécessairement au chômage au sens du BIT (notamment s'il n'est pas disponible immédiatement), et inversement.
Les catégories B (activité réduite courte, moins de 78 heures dans le mois) et C (activité réduite longue, 78 heures et plus) totalisent 2 384 000 inscrits fin avril 2026, soit un total A+B+C de 5 240 000. Ce chiffre est stable sur le mois (+0,1 %) et en légère progression sur un an (+0,2 %).
La part des inscrits en activité réduite (catégories B et C) dans le total A+B+C s'établit à 45,5 %, un niveau élevé qui traduit le développement du travail à temps partiel contraint et des contrats courts. Ce phénomène, structurel dans l'économie française, nourrit le débat sur la précarité de l'emploi et l'efficacité du marché du travail.
Deux tendances méritent une attention particulière dans le contexte du débat présidentiel 2027 :
Le halo du chômage , qui regroupe les personnes souhaitant travailler mais ne satisfaisant pas aux critères BIT du chômage (non disponibles immédiatement ou n'ayant pas activement recherché un emploi) , est estimé à 1,86 million de personnes en avril 2026, stable sur le mois. En ajoutant le chômage BIT (estimé à 2,3 millions) et le halo, environ 4,2 millions de personnes se trouvent dans une situation d'insatisfaction par rapport au marché du travail, soit 12,6 % de la population active élargie.
Le marché du travail s'annonce comme l'un des axes centraux de la présidentielle 2027, notamment autour du chômage des seniors, de la sécurisation des parcours professionnels et de la réforme de France Travail (créée en janvier 2024 par la fusion de Pôle emploi et les missions locales). Les prévisions de printemps 2026 de l'OFCE, publiées le 11 mai, tablent sur un taux de chômage stable à 7,1 % en moyenne annuelle 2026, avec une légère amélioration à 6,9 % en 2027. Ces projections restent conditionnées à la croissance du PIB attendue à +1,2 % en 2026.
Sources : Dares / France Travail , Demandeurs d'emploi inscrits en avril 2026
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