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Cour des comptes : rapport sur l'exécution du budget de l'Etat 2025, déficit effectif à 5,1 % du PIB

La Cour des comptes a publié le 6 juin 2026 son rapport annuel sur le budget de l'Etat pour l'exercice 2025. Le déficit public s'établit à 5,1 % du PIB, soit 0,2 point en dessous de la prévision de la loi de finances initiale (5,3 % du PIB). La dette publique atteint 113,4 % du PIB au 31 décembre 2025. Le rapport formule cinq recommandations structurelles pour améliorer la sincérité et la lisibilité des comptes de l'Etat.

Sources : Cour des comptes (ccomptes.fr) ; Direction du budget, ministère de l'Economie et des Finances (budget.gouv.fr) ; Eurostat. Liens en fin d'article.

Les résultats d'exécution 2025 en chiffres

Le solde budgétaire de l'Etat pour 2025 s'établit à -170,2 milliards d'euros, contre une prévision de -177,4 milliards en loi de finances initiale. Cette amélioration de 7,2 milliards d'euros tient à deux facteurs principaux : des recettes fiscales supérieures aux prévisions de 3,1 milliards d'euros, portées notamment par la TVA et l'impôt sur les sociétés, et une sous-exécution des dépenses discrétionnaires de 4,1 milliards d'euros. La Cour souligne cependant que des dépenses de guichet liées aux prestations sociales ont progressé au-delà des enveloppes votées, représentant un dépassement de 2,4 milliards d'euros partiellement compensé par des annulations de crédits en cours d'exercice.

Budget de l'Etat 2025 , résultats d'exécution (Cour des comptes, 6 juin 2026)
Déficit effectif 20255,1 % du PIB (170,2 Md€)
Prévision loi de finances initiale5,3 % du PIB (177,4 Md€)
Recettes fiscales nettes296,4 Md€ (+1,8 % vs 2024)
Dépenses nettes (hors remboursements)365,8 Md€ (+2,9 % vs 2024)
Dette publique au 31/12/2025113,4 % du PIB (3 309 Md€)
Charge de la dette (intérêts)58,3 Md€ (+4,2 Md€ vs 2024)

L'analyse des recettes : une légère surperformance fiscale

Les recettes fiscales nettes de l'Etat atteignent 296,4 milliards d'euros en 2025, dépassant la prévision de 293,3 milliards. La TVA constitue la première source de recettes avec 101,6 milliards d'euros (+1,2 % vs 2024), soutenue par la consommation des ménages, stable malgré un contexte inflationniste apaisé. L'impôt sur les sociétés, à 62,8 milliards d'euros, dépasse sa prévision de 2,1 milliards, grâce aux résultats du secteur bancaire et des grandes entreprises exportatrices. L'impôt sur le revenu reste stable à 97,1 milliards d'euros, en ligne avec les prévisions.

La Cour note une accélération du produit de la taxe sur les transactions financières (+8,4 % vs 2024), portée par les volumes d'échanges sur les marchés financiers, et une légère contraction des droits d'enregistrement (-2,6 %), cohérente avec le ralentissement du marché immobilier observé depuis 2023.

L'analyse des dépenses : maîtrise partielle, dérapages sociaux

Les dépenses nettes de l'Etat s'établissent à 365,8 milliards d'euros, soit 2,9 % de plus qu'en 2024. La progression est principalement portée par trois postes : la charge de la dette (58,3 milliards d'euros, +4,2 milliards), la masse salariale de la fonction publique d'Etat (+1,6 % après les mesures de revalorisation indiciaire) et les dépenses de guichet relatives aux aides personnalisées au logement (APL) et aux prestations de solidarité, en hausse de 3,7 % sous l'effet de la revalorisation automatique indexée sur l'inflation.

La Cour relève que les dépenses d'investissement civil hors défense ont été contenues, avec une légère sous-exécution de 1,2 milliard d'euros par rapport aux crédits ouverts. Elle note à l'inverse un dépassement sur la mission "Enseignement scolaire" de 0,8 milliard d'euros, lié au sureffectif d'élèves en zone d'éducation prioritaire et aux mesures de revalorisations salariales pour les enseignants prévues par le Grenelle de l'éducation.

La dette publique : 113,4 % du PIB au 31 décembre 2025

La dette des administrations publiques atteint 113,4 % du PIB au 31 décembre 2025, contre 112,7 % fin 2024. La progression de 0,7 point est inférieure à celle enregistrée en 2024 (+1,4 point). La dette de l'Etat représente à elle seule 98,2 % du PIB, les collectivités locales et la Sécurité sociale en constituant le solde. La charge annuelle de la dette (intérêts versés) s'établit à 58,3 milliards d'euros, soit la deuxième dépense du budget de l'Etat après l'enseignement scolaire.

La Cour souligne que la hausse des taux d'intérêt observée entre 2022 et 2024 continue de se transmettre progressivement au coût de refinancement de la dette souveraine. Elle estime que la charge de la dette pourrait atteindre 63 à 65 milliards d'euros en 2027, selon les scénarios de taux retenus par le programme de financement de l'Etat. Ce contexte est cohérent avec les observations du rapport pays France de la Commission européenne (mai 2026), qui relevait une procédure de déficit excessif en cours, et avec les prévisions de l'OFCE publiées en mai 2026.

Les cinq recommandations de la Cour des comptes

Le rapport formule cinq recommandations structurelles :

Le contexte budgétaire à l'approche de la présidentielle 2027

Ce rapport s'inscrit dans une série de publications institutionnelles qui dessinent le cadre fiscal dans lequel s'inscrira le prochain gouvernement. Le programme de stabilité 2026-2030, transmis à la Commission européenne en avril 2026, visait un retour sous 3 % de déficit d'ici 2029. Le projet de loi de programmation des finances publiques 2026-2031 (LPFP), présenté en conseil des ministres le 27 mai 2026, fixe un effort structurel annuel de 0,5 point de PIB. L'avis du Haut conseil des finances publiques du 31 mai 2026 jugeait cette trajectoire "plausible mais conditionnée".

La Cour souligne, dans la conclusion de son rapport, que la contrainte budgétaire sera structurellement présente pour le gouvernement issu de la présidentielle 2027, quelle qu'en soit l'orientation. Les marges de manoeuvre pour des politiques nouvelles dépendront de la capacité à réduire les dépenses existantes ou à augmenter les recettes, dans le cadre des règles budgétaires européennes. La Cour des comptes avait déjà documenté en avril 2026 le déficit de 18,5 milliards d'euros de la Sécurité sociale, qui pèse sur l'ensemble des comptes publics.

Cet article est factuel. Il ne préjuge pas des propositions des candidats à l'élection présidentielle 2027 en matière de politique budgétaire.

Sources