À la mi-juin 2026, la Banque de France publie ses projections macroéconomiques actualisées et abaisse sa prévision de croissance pour la France en 2026, sous le seuil de 0,9 % qu'elle retenait en mars. Cette révision fait suite à la contraction de 0,1 % du produit intérieur brut au premier trimestre 2026 mesurée par l'INSEE et à un contexte d'incertitudes géopolitiques. Le cadrage économique ainsi dessiné délimite une partie des marges de manoeuvre du prochain gouvernement issu de la présidentielle 2027.
Sources : Banque de France, projections macroéconomiques ; INSEE, comptes nationaux trimestriels ; FMI, mission au titre de l'article IV 2026. Liens en fin d'article.
Dans ses projections de mars 2026, la Banque de France retenait une croissance de 0,9 % pour l'année 2026. Le gouverneur a indiqué dès le début du mois de juin que cette prévision serait abaissée à la mi-juin, après la publication par l'INSEE d'un recul du PIB de 0,1 % au premier trimestre, là où une légère hausse était attendue. La révision traduit un ralentissement de la demande intérieure et l'effet des tensions sur les prix de l'énergie liées au contexte international.
La Banque de France assortit son scénario central de variantes. Dans un scénario défavorable, la croissance 2026 reviendrait autour de 0,6 %, et dans l'hypothèse la plus dégradée elle tomberait à 0,3 %, avec une inflation qui remonterait jusqu'à 3,3 %. Ces ordres de grandeur recoupent la révision du Fonds monétaire international, qui avait ramené en mai sa prévision de croissance pour la France de 0,9 % à 0,7 % à l'issue de sa mission annuelle.
Le ralentissement de la croissance pèse sur les recettes publiques et sur le pouvoir d'achat des ménages, dans un contexte où l'inflation s'établissait à 2,4 % sur un an en mai 2026. Ces éléments prolongent le tableau dressé par la Cour des comptes sur l'exécution du budget 2025, qui pointait un déficit de 5,1 % du PIB, et par les recommandations du Semestre européen 2026 sur la consolidation budgétaire. La question du pouvoir d'achat rejoint aussi le rapport de l'Observatoire des inégalités du 10 juin.
Ces projections complètent les analyses publiées au printemps, notamment les prévisions de l'OFCE et les indicateurs d'activité comme l'indice de production industrielle d'avril 2026. Elles constituent un repère chiffré sur l'environnement macroéconomique dans lequel s'inscrira la campagne.
La croissance, l'inflation et le niveau du déficit déterminent les marges budgétaires disponibles pour financer les engagements de campagne. Une prévision de croissance plus basse réduit mécaniquement les recettes attendues et accroît la contrainte sur les arbitrages de dépense. Les projections de la Banque de France offrent un cadrage indépendant qui documentera les débats programmatiques, sans préjuger des choix qui seront proposés.
Cette actualité rapporte des prévisions macroéconomiques publiées par une institution indépendante. Elle ne mesure aucun rapport de force électoral et ne préjuge pas des positions que les acteurs politiques défendront durant la campagne. Pour les estimations par candidat, consultez nos prédictions IA pour la présidentielle 2027.