← Retour aux actualités

PMI manufacturier France : l'activité industrielle reste en contraction en mai 2026

L'indice HCOB PMI manufacturier France, publié ce 1er juin 2026 par S&P Global Market Intelligence, s'établit à 47,8 points en mai 2026 contre 48,2 en avril. L'indicateur reste sous le seuil de 50 qui sépare l'expansion de la contraction de l'activité industrielle, et ce pour le treizième mois consécutif. Les composantes production (47,1) et nouvelles commandes (46,4) confirment la faiblesse de la demande domestique et internationale. La situation de l'industrie française devient un sujet structurant à dix mois de l'élection présidentielle de 2027.

Source : S&P Global Market Intelligence, « HCOB France Manufacturing PMI », communiqué du 1er juin 2026 disponible sur pmi.spglobal.com. Voir aussi les données INSEE sur l'industrie manufacturière (insee.fr).

Une contraction qui dure

L'indice HCOB PMI manufacturier France, compilé sur la base d'une enquête mensuelle auprès d'environ 400 directeurs d'achats du secteur industriel, n'est plus repassé au-dessus de 50 depuis avril 2025. Le mois de mai 2026 marque donc le treizième mois consécutif de contraction. La moyenne sur les douze derniers mois s'établit à 47,2, soit un niveau inférieur à celui observé en zone euro (49,1 sur la même période selon les données préliminaires de S&P Global).

L'indicateur PMI est calculé à partir de cinq composantes : nouvelles commandes (pondération 30 %), production (25 %), emploi (20 %), délais des fournisseurs (15 %) et stocks d'achats (10 %). Un indice supérieur à 50 indique une expansion, un indice inférieur indique une contraction par rapport au mois précédent.

PMI manufacturier France , Mai 2026 (S&P Global)
Indice global47,8 (vs 48,2 en avril)
Production47,1
Nouvelles commandes46,4
Nouvelles commandes export45,9
Emploi49,2
Délais des fournisseurs50,5
Prix payés (intrants)53,4
Prix facturés50,8
Mois consécutifs sous 5013

Production et commandes en repli

La composante production s'établit à 47,1 en mai contre 47,8 en avril, soit la plus forte baisse mensuelle depuis février 2026. Les enquêtés citent le ralentissement de la demande des donneurs d'ordres automobiles et l'attentisme du secteur du bâtiment comme principaux facteurs de la dégradation. La composante nouvelles commandes recule à 46,4, et l'export à 45,9, indiquant que ni la demande domestique ni la demande internationale ne soutiennent l'activité.

La composante emploi, en revanche, reste proche du seuil neutre à 49,2. Les entreprises industrielles déclarent ajuster leurs effectifs principalement par non-renouvellement des contrats temporaires et lissage des départs, sans recourir à des plans de réduction d'effectifs significatifs. Les données de l'INSEE sur les comptes nationaux du premier trimestre 2026 avaient déjà montré une contribution négative de l'industrie à la croissance du PIB.

Un contexte qui structure le débat sur la compétitivité

Le maintien durable de l'indicateur PMI sous le seuil de 50 illustre les difficultés structurelles de l'industrie française. Selon les Perspectives économiques de l'OCDE publiées le 26 mai 2026, la production manufacturière française devrait reculer de 1,2 % en 2026 avant de se stabiliser en 2027. La désindustrialisation, mesurée par la part de l'industrie dans la valeur ajoutée nationale, se situe à 10,2 % en 2025 selon les données INSEE, contre 18,8 % en zone euro.

Le sujet de la compétitivité industrielle figure dans les rapports récents du Semestre européen 2026 de la Commission européenne et dans la loi de programmation sur la transition énergétique 2026-2035. Les questions de coût de l'énergie, de fiscalité de production et de qualification de la main-d'oeuvre constituent des thèmes susceptibles de structurer le débat programmatique avant 2027.

Prochains indicateurs attendus

Les indicateurs économiques attendus dans les prochains jours sont :