← Retour aux actualités

INSEE : estimation flash de l'inflation en mai 2026, +2,0 % sur un an

L'INSEE publie ce 31 mai son estimation flash de l'indice des prix à la consommation (IPC) pour le mois de mai 2026. Sur un an, les prix progressent de +2,0 % après +1,8 % en avril. Cette légère accélération, portée par les prix alimentaires et les services, maintient l'inflation dans un couloir modéré. La question du pouvoir d'achat constitue l'un des premiers enjeux déclarés par les Français pour l'élection présidentielle 2027.

Source : INSEE, « Estimation flash de l'indice des prix à la consommation, mai 2026 », Note de conjoncture flash, 31 mai 2026. Document disponible sur insee.fr.

Une légère accélération en mai après le bas de cycle d'avril

Après le bas de cycle enregistré en avril (+1,8 % sur un an, le niveau le plus bas depuis février 2021), l'inflation reprend légèrement en mai. Ce rebond reflète principalement la dynamique saisonnière des prix alimentaires et des services, ainsi que l'effet de base lié aux faibles niveaux de mai 2025. L'énergie reste en territoire négatif grâce à la poursuite du repli des prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux.

L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), mesure utilisée pour les comparaisons européennes, s'établit à +2,1 % sur un an en mai, en ligne avec la moyenne de la zone euro projetée par la Banque centrale européenne pour le premier semestre 2026.

IPC France , Estimations flash mai 2026
Indice général (IPC)+2,0 % sur un an
Alimentation+2,6 % sur un an
Services+3,2 % sur un an
Énergie-2,1 % sur un an
Produits manufacturés+0,7 % sur un an
Tabac+6,2 % sur un an
Inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation fraîche)+2,2 % sur un an
IPCH (mesure harmonisée européenne)+2,1 % sur un an

Les services et l'alimentation tirent l'inflation à la hausse

Au sein des services, la hausse s'explique principalement par les loyers (+2,8 % sur un an), les services de soins (+4,1 %) et les transports aériens intérieurs (+7,3 % lié à l'effet saison). Les prix des services de restauration progressent de +3,8 %, confirmant une dynamique salariale dans le secteur depuis les revalorisations de branche de 2024.

Les prix alimentaires, en hausse de +2,6 %, restent soutenus par le coût des matières premières agricoles. Le porc (+5,2 %), les produits laitiers (+3,7 %) et les fruits frais (+4,9 %) affichent les hausses les plus marquées. Les prix de l'épicerie sèche, en revanche, s'inscrivent en légère déflation (-0,8 %) après les renégociations tarifaires de mars 2026 entre distributeurs et industriels.

L'énergie reste un facteur modérateur : les prix du carburant (-3,4 % sur un an) et ceux du fioul domestique (-5,1 %) reflètent la détente des cours du pétrole brut depuis le second semestre 2025. L'électricité et le gaz connaissent une hausse limitée à +1,2 %. La CRE avait recommandé en avril 2026 une nouvelle hausse des tarifs réglementés de +4,2 % pour l'électricité et +6,1 % pour le gaz au 1er juillet 2026, ce qui pèsera sur l'IPC à partir du troisième trimestre.

Un indicateur au coeur du débat présidentiel 2027

L'inflation, même modérée, reste au premier rang des préoccupations des Français. Le pouvoir d'achat constitue le second critère de vote déclaré pour la présidentielle, derrière la santé. Les comptes nationaux du premier trimestre 2026 publiés par l'INSEE le 21 mai montraient un léger redressement du pouvoir d'achat par unité de consommation (+0,4 %), mais ce gain reste inférieur à la perte cumulée de 2022-2023.

Les prévisions des grands organismes internationaux situaient l'inflation française autour de 1,9-2,0 % en 2026. L'OCDE projetait 1,9 % en mai 2026. L'estimation flash de mai confirme que la France reste dans ce couloir, sans risque de dérapage inflationniste ni de déflation, mais avec une inflation persistante dans les services.

La trajectoire budgétaire présentée dans le projet de loi de programmation des finances publiques 2026-2031 le 27 mai retient une hypothèse d'inflation à 1,8 % en 2026 et 1,7 % en 2027. Le chiffre de mai, légèrement supérieur, ne remet pas en cause cette trajectoire mais devra être surveillé après la révision des tarifs énergétiques du 1er juillet. L'avis du HCFP publié ce même 31 mai note que les hypothèses d'inflation retenues dans le LPFP sont "raisonnables" au regard des données récentes.