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Inflation en avril 2026 : l'INSEE publie une estimation à +1,8 % sur un an, la décélération se confirme

L'INSEE a publié ce 26 avril son estimation flash de l'indice des prix à la consommation (IPC) pour le mois d'avril 2026. Le taux d'inflation s'établit à +1,8 % sur un an, en recul par rapport à mars 2026 (+2,1 %). La tendance à la désinflation se poursuit, portée par le ralentissement des prix de l'alimentation et de l'énergie — deux postes très scrutés dans le débat sur le pouvoir d'achat à un an de la présidentielle.

Un taux à 1,8 %, le plus bas depuis février 2021

L'estimation flash de l'IPC publiée par l'INSEE ce 26 avril 2026 indique une hausse des prix à la consommation de +1,8 % sur un an, après +2,1 % en mars et +2,4 % en février. Il s'agit du niveau le plus bas enregistré depuis février 2021 (avant le choc inflationniste lié à la reprise post-Covid et à la guerre en Ukraine). Sur un mois, les prix progressent de +0,2 %.

L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour les comparaisons européennes, s'établit à +2,0 % sur un an, au-dessus de l'objectif de la BCE (2 %) mais en net repli par rapport au pic de 7,3 % atteint en octobre 2022.

Source : INSEE, estimation flash de l'IPC — avril 2026, publiée le 26 avril 2026. Données provisoires, susceptibles de révision lors de la publication définitive.

IPC France — Variations sur un an, avril 2026 (estimation flash)
Ensemble (IPC)+1,8 %vs +2,1 % en mars
Alimentation (dont tabac)+2,4 %vs +2,9 % en mars
Énergie+3,1 %vs +3,8 % en mars
Services+2,2 %stable
Produits manufacturés−0,3 %vs −0,1 % en mars
IPCH (harmonisé UE)+2,0 %vs +2,3 % en mars
Sur un mois+0,2 %

Alimentation : la décrue se confirme mais reste au-dessus de l'inflation générale

Les prix de l'alimentation progressent de +2,4 % sur un an en avril, contre +2,9 % en mars. Ce recul résulte principalement de la détente sur les prix des produits frais (−1,1 % sur un mois) et des huiles alimentaires (−4,2 % sur un an). En revanche, les prix des produits d'épicerie sèche et de boulangerie restent orientés à la hausse (+3,1 % sur un an), en raison des tensions persistantes sur le blé et les matières premières agricoles.

Le poste alimentation représente 16,4 % du budget moyen d'un ménage français selon les coefficients budgétaires de l'INSEE (enquête 2023). Pour les ménages à revenus modestes (premier quintile), cette part monte à 21,7 %, ce qui explique que la désinflation alimentaire — bien que réelle — ne compense pas encore le surcoût cumulé depuis 2021 (+18,3 % sur cinq ans pour l'alimentation).

Énergie : accalmie avant la hausse des tarifs réglementés de juillet

Les prix de l'énergie progressent de +3,1 % sur un an en avril, contre +3,8 % en mars. Cette décélération tient en partie à un effet de base favorable (l'énergie avait fortement rebondi en avril 2025 après la fin des boucliers tarifaires). Les prix des carburants reculent de −2,1 % sur un mois, portés par la baisse du baril de Brent (74 $/baril en avril 2026 vs 82 $ en janvier).

Cette accalmie est toutefois provisoire. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a recommandé fin avril une hausse des tarifs réglementés de +4,2 % sur l'électricité et de +6,1 % sur le gaz au 1er juillet 2026. L'impact de cette révision devrait se traduire par un rebond du poste énergie dans les indices de l'été 2026, avec des conséquences directes sur le niveau général de l'inflation au troisième trimestre.

Services et produits manufacturés : divergence persistante

Les prix des services progressent de +2,2 % sur un an en avril, un rythme stable depuis janvier. Les principaux contributeurs sont les loyers et charges (+2,8 %), les services de santé (+3,1 %) et les services de transport (+4,2 %). Cette résistance des prix dans les services — liée à l'indexation des salaires sur l'inflation passée — est caractéristique des phases de désinflation avancée.

À l'inverse, les prix des produits manufacturés reculent de −0,3 % sur un an, reflétant la normalisation des chaînes d'approvisionnement mondiales et la modération de la demande pour les biens durables. L'habillement recule de −1,2 % sur un an, l'électronique grand public de −3,8 %.

Un enjeu central pour le débat présidentiel de 2027

La désinflation en cours n'efface pas les effets du choc inflationniste de 2021-2023. Selon la Banque de France, le niveau général des prix a progressé de 14,7 % entre janvier 2021 et avril 2026, contre une hausse des salaires nominaux de 12,4 % sur la même période — soit une perte de pouvoir d'achat réel de 2,3 points pour le salarié médian.

Cette érosion cumulative du pouvoir d'achat s'inscrit dans le contexte du déficit des régimes de retraite (−11,2 Md€ en 2025), dont la revalorisation des pensions est indexée sur l'inflation passée, et des tensions sur le financement de la Sécurité sociale documentées par la Cour des comptes (−18,5 Md€ en 2025). La trajectoire budgétaire du programme de stabilité 2026-2030 table sur une inflation à 1,5 % en 2027, un scénario cohérent avec les tendances actuelles mais exposé au choc tarifaire de juillet.

Le pouvoir d'achat figure au premier rang des préoccupations des Français selon l'enquête Cevipof d'avril 2026. Les chiffres de l'emploi publiés par l'INSEE au T1 2026 (chômage à 7,1 %) et l'évolution des prix constituent deux des indicateurs macro-économiques les plus scrutés à l'approche de la campagne présidentielle.