L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a publié ce vendredi 15 mai 2026 son rapport annuel sur le pluralisme politique dans les médias audiovisuels et ses recommandations pour la période pré-électorale de la présidentielle 2027. Ce document fixe le cadre applicable aux chaînes de télévision, aux stations de radio et, pour la première fois de manière étendue, aux grandes plateformes numériques pendant les dix-huit mois précédant le scrutin présidentiel.
Périmètre du contrôle Arcom : 15 chaînes de télévision nationales à caractère politique et général — 26 stations de radio nationales — et, à compter du 1er janvier 2027, les 8 principales plateformes numériques soumises au règlement européen sur les services numériques (DSA). Environ 2 000 heures de programmes politiques surveillées par semaine.
Jusqu'au 31 décembre 2026, l'Arcom maintient le régime dit de l'« équité », introduit par la loi du 14 avril 2011 pour remplacer la stricte égalité des temps de parole. Ce régime autorise une modulation des temps d'antenne proportionnelle à la représentativité électorale passée des partis et à leurs sondages de notoriété, dans un rapport ne pouvant excéder deux à un entre le candidat le plus favorisé et le moins favorisé parmi les candidats déclarés.
En pratique, l'Arcom a constaté sur les neuf premiers mois de 2025-2026 que les partis représentés au Parlement (RN, Renaissance, LFI, PS, LR, Écologistes) ont bénéficié de 94,3 % du temps de parole politique total sur les chaînes de la TNT, tandis que les formations sans représentation parlementaire n'ont obtenu que 5,7 % du temps disponible. Ce rapport sera actualisé chaque trimestre jusqu'en mars 2027.
Dès la publication de la liste officielle des candidats par le Conseil constitutionnel (attendue environ cinq semaines avant le premier tour, soit vers la fin février ou début mars 2027), le régime d'équité est remplacé par la règle de stricte égalité des temps de parole. Chaque candidat officiellement déclaré dispose alors du même temps d'antenne garanti sur l'ensemble de la période de campagne officielle.
La campagne officielle audiovisuelle — où l'égalité stricte s'applique à chaque tranche de 24 heures — débutera deux semaines avant le premier tour (règle issue de la loi organique du 6 novembre 1962 modifiée). L'Arcom rappelle que les émissions de débats entre candidats sont régies par des règles spécifiques autorisant une certaine souplesse dans la composition des plateaux, sous réserve d'un traitement non discriminatoire.
Pour la première fois, l'Arcom intègre dans ses recommandations une section dédiée aux contenus générés par intelligence artificielle (IA). Le régulateur distingue trois catégories :
Dans le cadre du Digital Services Act (DSA), les huit plateformes très grandes (désignées par la Commission européenne : Facebook/Instagram, TikTok, YouTube, X, Snapchat, LinkedIn, Pinterest et Pornhub) sont soumises à de nouvelles obligations de transparence pour la période électorale 2027. Elles devront notamment :
Ces obligations s'inscrivent dans la continuité des travaux de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la régulation des contenus politiques en ligne, créée en avril 2026.
Pour l'année audiovisuelle 2025-2026 (septembre 2025 à avril 2026), l'Arcom relève que dix-neuf chaînes de télévision et de radio ont reçu une mise en garde ou une mise en demeure pour non-respect des quotas de pluralisme politique. Aucune sanction pécuniaire n'a été prononcée sur cette période. La durée moyenne des interventions de personnalités politiques dans les journaux télévisés des chaînes d'information en continu s'établit à 4 minutes 12 secondes par sujet politique, en hausse de 18 secondes par rapport à 2024-2025.
Sources : Arcom — Recommandations sur le pluralisme politique, mai 2026 ; Arcom — Rapport annuel pluralisme politique 2025-2026
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