DREES : le rapport annuel 2025 sur l'état de santé de la population française documente les défis sanitaires avant la présidentielle 2027

22 mai 2026, Santé

La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) du ministère de la Santé a publié ce vendredi 22 mai 2026 son rapport annuel « L'état de santé de la population en France 2025 ». Ce document de référence, publié chaque année depuis 2002, présente les principaux indicateurs sanitaires nationaux et les évolutions observées. Il constitue un bilan factuel de la santé des Français à la veille de la présidentielle 2027, dans un contexte où la santé est identifiée par les sondages comme la première préoccupation des électeurs.

Indicateurs clés 2025 : espérance de vie à la naissance : 85,6 ans (femmes), 79,8 ans (hommes) — obésité : 17,4 % des adultes (+1,6 point depuis 2020) — 1 adulte sur 5 touché par un trouble psychique en 2025 — 48,3 généralistes pour 100 000 habitants (vs 55,2 en 2012) — dépenses courantes de santé : 3 850 €/habitant/an (+2,8 %).

Santé mentale : un adulte sur cinq concerné

Le rapport place pour la deuxième année consécutive la santé mentale au premier rang des sujets de préoccupation sanitaire. En 2025, 19,8 % de la population adulte française présente au moins un trouble psychique : troubles anxieux (11,4 %), dépression (6,7 %), troubles liés à l'usage de substances psychoactives (3,2 %) ou troubles phobiques (2,1 %). Ces prévalences, en progression depuis 2020, sont plus élevées chez les femmes (22,1 %) que chez les hommes (17,4 %) et chez les 18-34 ans (23,6 %).

La DREES souligne que le nombre de psychiatres et de psychologues remboursables a progressé de 12 % entre 2020 et 2025 grâce au dispositif Mon soutien psy (anciennement Mon psy), mais que les délais d'accès à une prise en charge restent supérieurs à 45 jours dans 28 % des bassins de santé. Le coût annuel des troubles psychiques pour l'Assurance maladie est estimé à 23 milliards d'euros, en hausse de 8,4 % par rapport à 2024.

Obésité et nutrition : une progression préoccupante

La France enregistre en 2025 un taux d'obésité de 17,4 % chez les adultes, en progression continue depuis 2000 (10,1 %). Ce taux place la France dans la moyenne européenne mais en deçà des pays d'Europe du Nord. L'obésité infantile touche 4,8 % des enfants de 6-14 ans. Le surpoids (incluant l'obésité) concerne 47,3 % des hommes adultes et 36,9 % des femmes adultes.

Ces chiffres alimentent le débat public sur la taxation des produits ultra-transformés, la réglementation de la publicité alimentaire ciblant les enfants, et l'efficacité du Nutriscore — autant de sujets susceptibles d'entrer dans les programmes des candidats à la présidentielle 2027.

Démographie médicale : poursuite du recul des généralistes

La densité de médecins généralistes libéraux continue de décroître : 48,3 praticiens pour 100 000 habitants en 2025, contre 55,2 en 2012 et 52,1 en 2020. Les projections de la DREES anticipent un creux autour de 43-44 pour 100 000 habitants en 2030, avant un redressement progressif lié à l'augmentation des effectifs formés (suppression du numerus clausus en 2020, premiers effets attendus à partir de 2028-2030).

Les inégalités géographiques s'accentuent : le ratio varie de 25 pour 100 000 habitants dans certaines zones rurales du centre de la France à 72 dans les zones urbaines denses de l'Île-de-France. Le gouvernement avait présenté un plan de 25 mesures pour lutter contre les déserts médicaux en avril 2026 ; la DREES note que les premiers effets de ce plan ne seront mesurables qu'en 2028.

Inégalités sociales de santé : des écarts qui persistent

Le rapport consacre un chapitre aux inégalités sociales de santé, inchangées dans leurs grandes lignes malgré les politiques mises en place depuis 2015 :

Cancer et maladies cardiovasculaires

Le cancer demeure la première cause de décès prématuré en France (avant 65 ans), avec 161 000 décès en 2025. La mortalité par cancer décline cependant de 1,2 % par an en moyenne sur les dix dernières années, grâce aux progrès thérapeutiques et au développement des dépistages organisés. Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de décès toutes causes confondues chez les femmes (26,4 % des décès) et la deuxième chez les hommes (21,8 %).

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